Des réseaux et des uns

Des réseaux et des uns

Une semaine sur la numérisation du monde

Du 2 au 6 juin, des discussions, des projections et des repas dans différents lieux de Toulouse

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La journée du samedi se déroulera à la Chapelle (36 rue Danielle Casanova, métro Compans Caffarelli)

Ça y est, la semaine commence ! Quelques précisions concernant les lieux où se déroulent les discussions :

Mercredi à partir de 18h au local Piquemil, rdv au 6 rue Piquemil, (métro Saint-Cyprien).

Jeudi, rdv à partir de 10h et jusqu’à 16h au local Piquemil, puis à partir de 17h à La Chapelle, au 36 rue Danielle Casanova (métro Compans-Caffarelli).

Vendredi, à partir de 14h au C.R.AS., 39, rue Gamelin (métro Fontaine-Lestang).

Samedi, les discussions auront lieu à partir de 10h à La Chapelle.

Dimanche, à partir de 10h au local Piquemil sauf en cas de tempête, ça se passera au C.R.A.S.

À très vite

Pourquoi faire une semaine contre la numérisation du monde et des existences ?

D’abord parce que, grâce au numérique, le confinement a rendu le « monde à distance » plus présent que jamais. Ensuite parce qu’avec la « transition écologique », l’industrie numérique et ses usages font partie du dispositif de « relance », donc de gouvernement, qui sont mis en place pour gérer la catastrophe ambulante qu’est notre monde régit par l’économie. Enfin, parce que nous n’entendons pas rester passifs et impuissants, il nous faut des connaissances, des images et des outils pour faire exister autre chose.

Programme détaillé de la semaine

Présentation de la semaine

Confrontés aux expériences brutales de confinement économique et social, on aurait pu imaginer que le réel fasse enfin irruption – sous la forme de l’arrêt du travail, des oiseaux qui reviennent voler en ville ou encore de la proximité soudaine avec des proches – et détruise, par sa simple force, par les évidences qu’il nous met enfin sous les yeux, les écrans et autres réseaux qui ont fini par se confondre avec la réalité elle-même. Il n’en fut rien, bien au contraire, comme si l’industrie numérique avait réponse à tout. Le travail cesse ? Télétravaillez. Vous ne pouvez plus sortir ? Faites vos courses en ligne. Vous vous ennuyez ? Regardez Netflix. Vous vous sentez seul ? Faites un apéro sur Zoom. La maladie dure ? Consultez à distance et téléchargez TousAntiCovid. « La technologie a tellement progressé que nous pouvons rester connectés de nombreuses manières sans être physiquement dans la même pièce ou dans le même espace que les gens » écrit Maria Van Kerkhove, épidémiologiste de l’OMS : c’est dire à quel point le numérique est lié à pandémie, en tant que condition et remède. D’autres parlent d’un « Screen New Deal » pour sortir du confinement et de la crise économique dues au Covid : des investissements massifs dans l’industrie et les infrastructures numériques qui permettraient de maintenir les distances physiques (avantage sanitaire), faire des gains de productivité (avantage économique) et réduire les coûts de transports (avantage écologique).

Nous n’y croyons pas une seconde. Si l’aura d’utopie qui entourait la naissance des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) – après la Seconde Guerre mondiale – ainsi que le réseau Internet – dans les années 90 – ont pu faire illusion quelques années, ce temps est désormais révolu. On sait bien que l’industrie numérique, loin d’accompagner la transition énergétique, est en fait l’un des secteurs les plus polluants, devant l’aviation. L’importance des GAFAM et la nouvelle économie de la « data » ont douché à peu près tous les espoirs de ceux qui voyaient dans les NTIC la possibilité d’une économie du partage, de la coopération et de l’abondance. On sait aussi, au moins depuis les révélations d’Edward Snowden, que l’infrastructure des télécommunications favorise la libération de la parole dans la mesure même où elle améliore la surveillance de masse. L’ascension de la Chine au rang de puissance mondiale doit nous rendre attentifs à la manière dont le numérique reconfigure les rapports de pouvoir, la plupart du temps en faveur des puissants de ce monde. Et l’Occident a beau jeu de se servir de la Chine comme épouvantail autoritaire : le crédit social dont on parle tant trouve ses racines aux États-Unis; les caméras, la reconnaissance faciale, et la notation généralisée existent aussi à l’ouest. Et elles ne datent pas d’hier.

Tout cela, on le sait. Ce que l’on sait un peu moins, c’est comment se frayer un chemin praticable dans ces conditions. Non pas défendre un usage émancipateur des technologies numériques mais plutôt trouver quelques failles qui nous permettent de souffler, de trouver un peu d’ombre et, pourquoi pas, de retourner certains outils contre ceux qui nous gouvernent. C’est à ces tâches que veulent s’atteler ces rencontres. En analysant patiemment le flot des nouvelles images numériques qui nous accompagnent au quotidien; en revenant sur l’histoire technique, politique et intellectuelle de l’émergence des NTIC et du monde qu’elles ouvrent; en débusquant, dans les dispositifs idéologiques et technologiques qui nous font face, des méthodes de gouvernement; en partageant des outils, numériques ou non, pour éviter les pièges les plus évidents.

Qui sommes nous ?

Nous, ce sont des participant.es à une école de philosophie autonome qui se tient à Verfeil-sur-Seye (Tarn-et-Garonne, 82) (Ecole de philosophie) et des ami.es du local de la rue Piquemil à Saint-Cyprien (Toulouse)

Nous remercions également l’université de Toulouse Jean Jaurès (UT2J) pour son soutient.

Contact: desreseauxetdesuns@riseup.net

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